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La boisson, nouvel Eldorado ? Maintenant c’est vraiment le moment !

10 Juin 2026 | Boissons, Communication, Concept, gestion, innovation, Marché, Produits et ingrédients, Tendances

« Soon, our beverages won’t just be a reason you come to McDonald’s, they’ll be the reason»

Le sujet était en teaser dans notre dernière édition : ce printemps, McDonald’s a lancé six nouvelles boissons dans ses 14 000 restaurants américains. Mais ce qui compte, ce n’est pas la gamme. C’est la déclaration de leur directrice marketing : « Soon, our beverages won’t just be a reason you come to McDonald’s, they’ll be the reason. » Le plus grand opérateur de restauration au monde vient officiellement de changer de métier. Ce n’est pas une opération commerciale de plus. C’est la déclaration publique d’un changement de priorité stratégique.

Deux modèles qui viennent d’ailleurs 

Ce pivot consacre un mouvement construit sur deux philosophies très différentes.

En Asie, la logique est simple et radicale. Luckin Coffee, 30 000 points de vente en Asie. Mixue Bingcheng, 45 000 dans le monde, la première chaîne de restauration au monde en nombre d’adresses, que la plupart des opérateurs français ne connaissent pas encore. Ces chaînes ont bâti leur modèle entier autour de la boisson : prix accessible, commande digitale, format compact. La boisson n’est pas un accompagnement, c’est le produit, la raison d’être, le premier motif de visite.

Les Américains ont pris le chemin inverse et sont arrivés au même endroit. Dans l’Utah, État à forte culture mormone où l’alcool est peu consommé et où les boissons élaborées ont depuis longtemps un statut de substitut social, une chaîne appelée Swig a transformé le dirty soda, un soda enrichi de crème, de sirops, d’inclusions texturées, en modèle économique viralisé par TikTok, consacré par McDonald’s. Ce n’est pas une invention : c’est un retour. La soda fountain américaine du XIXe siècle avait déjà construit la boisson comme une recette. Les recherches Google pour les dirty sodas ont progressé de 50% en 2025. Les « creamy beverages » affichent +400%.

Le paradoxe français 

Face à ces deux modèles, la France est dans une position paradoxale.

Elle a su élever la boisson dans sa forme la plus pure au plus haut niveau de prestige mondial. Evian, Perrier, Badoit, Volvic : construites sur la pureté, l’origine, le terroir. Une philosophie du cru sublimé, a même qui gouverne son rapport au vin. On ne transforme pas un grand Bourgogne, on le révère.

Mais cette philosophie a créé un angle mort : en France, on cuisine ce qu’on mange. Rarement -encore !- ce qu’on boit.

La boisson construite, complexe, revendiquée comme une recette n’a pas encore trouvé son opérateur. Columbus Café, 300 adresses, a le plus approché de ce modèle en France, mais sans jamais en faire une proposition de valeur aussi centrale. Marie Blachère accélère sur le Café Marie Blachère dans les gares et centres commerciaux. Le bubble tea s’est implanté contre toute attente. Les signaux consommateurs sont là. L’infrastructure opérateur, elle, reste largement à construire.

Ce que ça change pour vos modèles économiques

La boisson change la mécanique financière d’un établissement. Ce n’est pas un produit supplémentaire, c’est une autre façon de générer du revenu.

Les marges sur les boissons sont structurellement supérieures à celles de l’alimentaire. Le coût matière est faible, le ticket peut être élevé, et la récurrence est naturelle: on revient pour une boisson bien plus souvent que pour un plat. C’est un générateur de trafic quotidien là où le repas reste occasionnel. Et la boisson « signature », construite, identifiable, crée un lien émotionnel que le plat standard ne génère pas aussi facilement.

L’opérateur qui réussit sa stratégie boisson ne diversifie pas son offre. Il restructure son modèle de revenus.

Les pistes pour agir 

Construire une signature boisson identifiable: pas juste « ajouter des boissons à la carte », mais concevoir une ou deux références avec une vraie identité, un nom, une histoire.

Travailler les créneaux hors-repas: la boisson capture des moments que le plat ne peut pas capter : 10h, 15h, 18h. Un opérateur qui ouvre ce territoire multiplie ses occasions de contact sans investissement majeur.

Regarder les marges différemment: intégrer la boisson dans le calcul du ticket moyen et du trafic global, pas comme une ligne de CA accessoire.

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Cet article s’inscrit dans l’observatoire des mutations du foodservice mené par Bento, cabinet de prospective spécialisé dans la restauration et l’alimentation.

 

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Sonic Drive-In, La mutation féconde…

USA, 3 600 adresses. Une chaîne de restauration rapide américaine née sur le burger, dont le modèle repose aujourd’hui quasi-intégralement sur les boissons : plus de 50% du chiffre d’affaires. Slushies et limeades ultra-customisables, « happy hour » quotidien de 14h à 16h qui structure le trafic de l’après-midi. Un format qui n’existe pas en France — et qui prouve depuis des années que la boisson peut vraiment être une destination.

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Daybright: Le spin off liquide 

USA, ouverture octobre 2025. Chick-fil-A, la chaîne de poulet frit devenue troisième fast food américaine, vient de lancer un concept entièrement dédié aux boissons, séparé de la marque mère : smoothies, cold-pressed juices, thés glacés, limonades. Piloté comme une startup jusqu’en 2026 avant déploiement potentiel. Quand un champion du poulet crée une filiale boisson, ça dit quelque chose sur où se trouve la prochaine marge.

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Gong Cha : le géant taïwanais assoiffé…

Taiwan, 2 000+ adresses dans le monde, présent en France. Une chaîne de thés glacés taïwanaise dont le modèle repose sur la customisation totale : le client choisit son niveau de sucre, de glace, ses inclusions (perles de tapioca, gelée, crème). Chaque boisson est construite à la demande, chaque commande est unique. Des ouvertures qui progressent régulièrement dans les grandes villes françaises — et une démonstration que la demande de boisson construite existe bien ici.

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